Ce mardi 12 mai, le chiffre des morts du Covid-19 en 24 heures est de 348.  Les radios, les télés et les sites d’information reprennent cette triste nouvelle et parlent d’un bilan « de nouveau en hausse », voire qui « repart en forte hausse ».

Ce chiffre est évidemment dramatique, l’accumulation des morts ne gomme pas la tragédie que chacun d’entre eux représente.

Mais ce nombre de 348 n’est pas significatif d’une hausse, encore moins d’une forte hausse. Il ne fait que rattraper les bilans des jours précédents, qui étaient artificiellement minorés. Il s’agit d’une correction technique, qui ne dit rien de l’évolution réelle de la situation.

Il suffit de regarder les chiffres de près pour s’en apercevoir. Le bilan quotidien officiel, en baisse continue depuis la mi-avril, était en moyenne de 240 morts quotidiens sur les premiers jours de mai. Puis on nous a annoncé 80 morts samedi 9 mai et 70 dimanche 10. Ces résultats, en nette rupture avec une évolution par ailleurs plutôt régulière, ne pouvaient pas représenter la réalité (malheureusement …). Il s’agissait de l’expression d’un biais lié aux jours fériés (le 8 mai précédait le week-end).

Cela se voit clairement quand on isole les morts des EHPAD : ils étaient de l’ordre de 75 par jour, ils tombent à 4 le samedi et 1 le dimanche. A l’évidence les informations ne remontent pas bien les jours fériés, et nous comptabilisons mardi 12, avec 165 décès dans les EHPAD, ceux qui n’ont pas été intégrés dans les chiffres du week-end. Le phénomène est similaire (quoique moins marqué) pour les morts dans les hôpitaux et le rattrapage des données manquantes du week-end vient gonfler artificiellement ce bilan de 348.

Ce biais lié aux dimanche est parfaitement visible sur les chiffres publiés par le Ministère de la Santé. De manière constante depuis fin mars, le nombre de morts est nettement plus faible le dimanche que les autres jours. C’est encore plus net pour le nombre de nouveaux cas déclarés, qui est systématiquement deux à trois fois plus faible le dimanche que les jours précédents ou ceux qui suivent.

Cela n’a évidemment aucune importance, et s’il est utile que nous soyons informés de l’évolution de la situation, nous ne demandons pas aux services hospitaliers ni aux EHPAD d’effectuer cette macabre comptabilité de manière instantanée et automatique. Leurs urgences sont ailleurs.

Ce qui est beaucoup plus regrettable c’est l’absence totale d’analyse, de réflexion, ou même de questionnement, de la part de la presse face aux chiffres publiés. Les calculs qui précèdent sont à la portée d’un collégien et les données sont publiques.

Sans prendre aucun recul sur les chiffres les journalistes préfèrent titrer sur un bilan « en forte hausse ».

C’est plus simple.

Mais c’est trompeur.

Ce sont les mêmes journalistes qui nous informent sur l’état de l’économie.

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